Contrairement à une
autre idée reçue, les associations sportives
homos qui fleurissent partout dans nos régions, ne
forment pas un immense ghetto. Toute personne, aimant le
sport et la convivialité ou étant gay friendly
est accueillie. Les membres sont majoritairement homosexuels,
mais personne ne demande de carte d’identification
d’orientation sexuelle! Au sein de ces structures,
de jeunes lesbiennes et gays vivent leurs premiers contacts
homos, les débutants se mesurent aux sportifs invétérés.
Certains homos recherchent un lieu de pratique sportive
où ils peuvent vivre leur homosexualité sans
regard humiliant, sans les lazzi et les quolibets. Des parents
homos en rencontrent d’autres avec lesquels ils partagent
leur expérience de l’homoparentalité.
Des couples en croisent d’autres et sortent de leur
pantouflardise… Et c’est ainsi que se mettent
tout simplement en place une communication et un réseau
relationnel au sein d’associations où chacun
aide l’autre et soi-même à se sentir
mieux, à grandir, à avoir moins peur de s’assumer.
Pour résumer, à mieux vivre.
C’est ici que le mot «visibilité»
est important. Toutes les structures actuellement existantes,
se réclamant d’un mouvement gay sportif, françaises
et internationales, sont nées aussi du besoin de
promouvoir une image positive de l’homosexualité.
C’est ainsi qu’apparaît souvent l’objectif
de visibilité dans leurs statuts. Inscrire les mots
«lesbien» et «gay» dans le nom de
ces associations en est la première application:
cela permet de se faire connaître et reconnaître
rapidement et ne sera pas sans conséquences dans
les liens que ces associations tissent avec leur environnement,
pouvoirs publics, milieu associatif straight, sponsors…
Il n’est jamais facile d’obtenir d’une
mairie un gymnase quand on se revendique homosexuel, ni
de participer à des tournois amicaux avec des associations
ordinaires. Mais une fois cela acquis, l’homosexualité
a pignon sur rue, elle devient, pour ces partenaires, quelque
chose de finalement très acceptable.
Cette visibilité passe aussi par le regroupement
en fédérations: l’union fait la force
autant que cela permet de proposer une vision plus globale
de leurs activités, objectifs et projets. Apparaît
alors un discours, un message plus construit, plus politique
sur les mobiles de leur existence et les termes de leur
combat, permettant aux personnes extérieures d’appréhender
ce que représente le sport homo. Mais attention,
c’est la personne morale association qui est visible.
À titre individuel, leurs membres ont bien sûr
le droit de ne pas la revendiquer. Chacun reste toujours
libre de ses choix personnels.
Les associations sportives gays sont ainsi de réels
îlots de liberté pour les lesbiennes et les
gays dans les régions où il est souvent difficile
- lorsque l’on n’habite pas une grande ville
- de s’assumer, de s’affirmer tous les jours.
Certaines lesbiennes ont cessé de faire du sport
en club parce qu’elles se sont heurtées à
l’homophobie. Beaucoup, comme dans le milieu du travail,
ne parlent jamais de leur vie privée. Loin l’idée
de dire qu’il faut fuir les clubs sportifs classiques.
Comme ailleurs on y rencontre des gens merveilleux. Cependant
les clubs homos peuvent être des lieux plus accueillants
pour faire du sport librement, en étant soi-même,
rencontrer des gens pour partager un peu de sa vie.
Et qu’en est-il de la visibilité purement lesbienne?
La majeure partie des associations sportives homos a fait
le choix de la mixité (i.e., filles et garçons).
Que seraient les belles paroles de leurs dirigeant-e-s sur
le partage, l’amour du sport, la visibilité
homo, si ces associations fermaient leur porte à
l’un ou l’autre sexe. Elles en oublieraient
ce merveilleux partage que filles et garçons vivent
autour du sport. Selon leurs activités, certaines
associations sont plus ou moins féminisées
et force est de constater que les associations sportives
sont en pointe de la mixité, offrant ainsi aux lesbiennes
un cadre particulier de visibilité, celui où
la guerre des sexes n’a pas lieu. Il existe aussi
des associations sportives homos réservées
aux femmes. Il ne s’agit pas de les blâmer,
elles correspondent aussi à un besoin, celui de se
retrouver entre soi.
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