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Le sport homo

Une autre manière de se rencontrer

 

Il existe un peu partout en France et dans le monde des associations sportives réunissant des lesbiennes, des gays et des bi. Mais pourquoi faire du sport? Cela prend du temps, il faut courir et puis, c’est toujours compète et compagnie! Non, le sport n’est pas une torture, c’est sentir son corps, se dépenser physiquement, évacuer par la transpiration les tensions, la nervosité, les toxines, et se libérer des soucis, le temps d’un match de foot, d’une ballade en VTT, ou d’une plongée. C’est bon pour le cœur, le corps et la tête (avec tout ça impossible de résister!).
Mais le sport, c’est également un des meilleurs moyens qui existe pour rencontrer des gens, de futurs potes et amis… On peut très bien faire partie d’une association de randonnée et ne pas être totalement charmée par la perspective de six heures de balades sous le soleil, dans les bois, au milieu des petites bêtes et des cailloux (idem pour d’autres sports, pas de jaloux); mais on peut participer à l’organisation du stand de ravitaillement, tranquillement installée à l’ombre d’un pin parasol glougloutant une citronnade bien fraîche, c’est bien connu, les lesbiennes sportives ne boivent jamais d’alcool…
Aller au-devant des autres
La plupart des associations sportives homos sont ainsi des lieux de rencontre entre lesbiennes, gays et bi, certains très heureux, d’autres plus ou moins épanouis, voire isolés, dans leur vie ou ayant tout simplement envie de faire du sport autrement. On y croise des femmes et des hommes qui vivent les mêmes joies, les mêmes douleurs par rapport à leur homosexualité. Par exemple une lesbienne quitte sa Meuse natale pour s’installer dans le Puy de Dôme, ou une goudou débarque depuis sa Corrèze à Paris (non il ne s’agit pas de Claude Chirac!). Ni l’une, ni l’autre ne connait grand-monde dans sa nouvelle ville. Un bon conseil à leur donner est de rejoindre l’association sportive homo du coin. Elles y feront des connaissances, créeront un réseau social, se sentiront moins seules. Et en plus, elles pourront affiner leur belle silhouette!
Tout commence par un coup de téléphone pour savoir à quelle heure a lieu l’entraînement et ces dames, armées de tout leur courage, se rendent à leur premier rendez-vous sportif. C’est vrai qu’il en faut du courage! Il faut dépasser sa timidité, son appréhension. Qui va-t-on croiser? Comment va-t-on être accueillie? Chaque nouvelle venue ne va-t-elle pas être considérée comme de la «chair fraîche». Certaines viennent accompagnées, commencent par regarder un entraînement avant de se lancer ; d’autres attendent la rentrée sportive suivante. Beaucoup se sont posées les mêmes questions et, foi de sportive, aucune n’a jamais trépassé à la suite de cette épreuve du premier pas! Très vite, des liens se nouent et la pratique commune du sport permet de se rencontrer au-delà des simples bavardages. Lorsqu’on va prendre un verre dans un bar, ou bien danser en boîte on ne se rencontre pas de la même manière, on n’établit pas les mêmes relations. Cette importance de la rencontre ne signifie pas qu’il faille entretenir certains mythes et préjugés associés au sport pratiqué par les homos. Attention, les fantasmes véhiculés dans les clubs classiques, qui ont parfois poussé certaines d’entre-nous à nous en éloigner, ne doivent pas nous rattraper. Dans les vestiaires et les douches, il n’y a pas de troisième mi-temps coquine, pas d’œillades appuyées. Les associations sportives ne sont pas des agences de rencontre. Bien sûr, des couples s’y forment, chacun s’en félicite, mais le sport reste le ciment premier.

 

 

 

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