Et oui, cela existe et peu sont les établissements
qui reconnaissent qu’une exposition est un plus pour
leur image de marque. On en rencontre même certains
qui vont payer jusqu’à 1.500 euros une décoration
et refusent de donner le moindre cent à un artiste
pour ses frais d’exposition. Ce constat, je l’ai
fait lors de la préparation de la première
manifestation de visibilité de Queer Factory, un
collectif informel d’auteurs et créateurs queer
LGBT que nous avons créé en octobre 2001 avec
Érik Rémès et Madame H. Nous avons
contacté dans ce cadre les bars parisiens en leur
demandant un défraiement symbolique de 15 euros pour
chaque œuvre exposée: ils ne sont qu’une
toute petite dizaine à avoir accepté, dont
deux bars lesbiens, le Boobsbourg et les Scandaleuses…
Gageons que petit à petit, l’idée d’un
juste défraiement des créateurs fasse son
chemin.
En créant Queer Factory, c’est à cela
que nous voulions entre autre travailler, à la reconnaissance
économique de la valeur de la création queer
LGBT. Mais nos objectifs ne s’arrêtent pas là:
nous souhaitons rédiger une charte des auteurs et
créateurs afin que chacun puisse négocier
ses contrats en toute connaissance de cause. Nous nous sommes
en effet rendu compte que c’est le silence qui les
entoure et le peu de relations entre auteurs ou créateurs
qui engendrent beaucoup d’abus de la part des entreprises
de diffusion culturelle et artistique. Queer Factory a donc
aussi pour but de permettre de rompre l’isolement
des uns et des autres, tout en favorisant la visibilité
de ces créations. Enfin, le troisième grand
axe de notre action touche à la réflexion
sur le queer et la valeur subversive de la création.
Voilà pour les grandes lignes de ce qu’est
Queer Factory, collectif informel qui ne souhaite pas s’institutionnaliser
car, justement, les institutions, nous en contestons la
suprématie. Une centaine d’auteurs et de créateurs
- dont une bonne moitié de filles - sont aujourd’hui
en contact grâce à ce réseau et dont
la base logistique est sur le Net - via un site et une liste
de diffusion -, coûts de fonctionnement dérisoires
et compression des distances obligent. Les premières
semaines de visibilité de la création queer
LGBT, nos «Exhibitions» [Expositions et soirée
Backrooms littéraires®] se sont tenues à
Paris en mai 2002 avec la participation de la moitié
d’entre eux. En juillet, nous avons coordonné
le cycle culture des UEEH avec le projet non secret de faire
se rencontrer de manière originale les auteurs, les
créateurs et leur public et d’initier une réflexion
collective sur la place et le rôle de la création
queer LGBT. Pour la suite… Advienne que pourra! Nous
sommes pleins de projets, parfois un peu las, souvent trop
enthousiastes, toujours prêts à agréger
de nouvelles énergies. Queer Factory est un lieu
de travail et de réflexion qui ne fonctionne que
parce que chacun a envie que cela soit.
Ainsi sera-t-il!? La réponse nous et vous appartient.
Cy Jung
Pour en savoir plus sur Queer Factory:
http://queerfactory.free.fr
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