Il
est grand temps de tordre le cou aux idées reçues
et d’abolir les préjugés, voire d’éviter
les amalgames rapides, en ce qui concerne la question transsexuelle.
Le transsexualisme n’est ni une question de sexualité,
ni une perversion, ni un fantasme. C’est une question
d’IDENTITÉ!
C’est la conviction profonde pour une personne d’appartenir
au sexe opposé à celui de sa naissance, et
de mettre tout en œuvre pour effacer une «blague»
de la nature afin de vivre au quotidien en conformité
avec son appartenance sexuelle individuelle.
On subit un état, on ne le décide pas!
À sa naissance, personne n’a le choix de sa
sexuation, pas plus que de son enveloppe charnelle ou de
sa future construction psychologique, ou sociale.
Au fil des années, chaque être se développe
avec son propre potentiel. Heureux/ses sont ceux ou celles
qui ont la chance de s’épanouir en pleine harmonie
avec eux-mêmes/elles-mêmes. Mais ce n’est
pas vrai pour tous les êtres de cette terre. Certains
sont percutés dès l’enfance par la dichotomie
qui s’établit entre leur sexe psychologique
(comment on se perçoit, à l’intérieur),
et leur sexe anatomique (comment on est vu physiquement,
à l’extérieur).
C’est de cette volonté et obligation, de remettre
les choses dans le bon ordre, que naît la transsexualité
d’une personne. Cette conviction appartient aussi
bien aux femmes qu’aux hommes (environ 40% de femme
vers homme et 60% d’homme vers femme (ces dernières
années l’écart se resserre).
Poussée dans ses derniers retranchements, à
l’âge adulte, après avoir parfois tout
tenté pour s’en sortir, la personne transsexuelle
n’a pas le choix: «vivre ou mourir!»
Le mal-être chez l’individu est tellement prégnant
que, ne se supportant plus, il en arrive à la seule
conclusion possible:
-ou il décide d’arrêter de vivre, n’en
pouvant plus de ce désaccord,
-ou, amoureux de la vie, il décide de tout mettre
en œuvre pour mettre enfin son corps en accord avec
son esprit.
Le choix est limité. Soyons persuadés que
si la personne concernée avait le choix, elle préférerait
vivre en harmonie avec sa sexuation de naissance. Cela serait
nettement plus facile que d’entamer un parcours «psycho-hormono-chirurgico-juridique»
du/de la combattant-e…
Un long parcours.
Sans rentrer dans les détails, ce parcours d’une
amplitude moyenne de cinq à six années, pousse
la personne à engager souvent quotidiennement des
combats familiaux, professionnels, sociétaux, administratifs,
financiers, etc. Ces luttes personnelles sont aussi médicales,
auprès de psy voulant faire rentrer l’individu
dans le «droit chemin», d’endocrinologues
pour l’hormonothérapie, ou chirurgicales: ablation
des seins, ovaires, utérus et phaloplastie pour les
transsexuels F vers H, ou éventuelle mammoplastie
et chirurgie plastique, vaginoplastie, etc., pour les transsexuelles
H vers F, augmentées pour elles de séances
pendant deux à trois ans de phoniatrie (rééducation
vocale), d’épilations faciales électriques
ou lasers, etc.
Pour terminer cette promenade de santé et aboutir
à son objectif terminal, il reste encore à
vaincre les barrières juridiques des tribunaux de
grande instance et autres expertises médicales, pour
tenter d’arriver à obtenir un changement d’état
civil, seule condition permettant une intégration
sociale et professionnelle possible et complète.
Bref, un vrai choix de vie… non?
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