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À la recherche du désir disparu…

ll est une jolie conjugaison

 

Retournement de tendance. Quelle est cette honte qui corrompt mon étreinte? Jamais mon amour n’a été si fort et la jouissance, d’un coup, semble l’avilir. Le sentiment paraît sali sous les assauts de la chair, celle qui incarne si bien le péché. Le gode fouit mon vagin comme le ver souille la pomme. Je n’en puis plus, je n’en veux plus! Mathilde, regarde-moi, mes sentiments sont tels que rien ne doit les corrompre. Je veux sous ta fenêtre chanter l’aubade. «Belle qui tient ma vie, captive dans mes yeux, tu m’as l’âme ravie, d’un sourire radieux, vient tôt me secourir, ou me faudra mourir…» C’est ça l’amour, cette chose si pure qu’elle ne supporte aucune matérialité. Mathilde, je ne peux plus te toucher, j’ai peur, j’ai honte, le sexe n’est rien, le sentiment est tout. Oh! Mathilde, viens là contre mon sein, repose-toi dans le giron, le feu couve dans la cheminée, le chat ronronne sur son coussin, qu’est-ce qu’on est bien.
Alors oui, le désir gronde mais pourquoi gâcher un tel bonheur à vouloir à tout prix lui trouver une place. Il me suffit de la sentir là, à mes côtés, papa tisse et maman coud et bien oui, j’en suis comblée, n’en déplaise aux excitées de la fesse. Je me fous de cette norme de la jouissance obligatoire : je jouis comme je veux, avec mon cœur d’abord, et personne n’est en droit de me juger pour ça. Avec Mathilde, nous allons vieillir ensemble, c’est ce que nous voulons, notre désir est là, entre cette bonne bouteille et ce magret de canard… Mmm, quelle est bonne ta poule ma poule. Que dirais-tu de passer le week-end au bord de la mer? Ah! tu ne peux pas, tu as promis à ta collègue de la rejoindre au bureau. Ce n’est pas grave, Josette m’a proposé de faire du shopping ensemble. Lundi, on se retrouvera… ou mardi… Un autre jour.
Une autre vie…
J’enrage, mon désir renaît dans les bras d’une autre. Mathilde, ce n’est pas vrai, on s’aime, on sème… Rien ne pousse. Que faire pour ne pas en arriver là? Je l’ignore. «Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne…». Non, pas ça!! Il y a une issue, je le veux, je l’exige. On efface tout et on recommence. Je reprends au début. Il est une jolie conjugaison qui s’accorde bien d’une relation amoureuse s’installant dans la durée : je veux, tu veux, on vœu non pieu. Pas au lit? Mais si, justement! Et ma seule conclusion, qui n’a rien de magique, sera de vous dire d’en prendre grand soin de ce désir qui s’effiloche à mesure que la toile se tisse. Je viens d’inventer l’eau chaude. Bel exploit!

Cy Jung

 

 

 

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