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 Bref exposé anatomique* ! de Cy Jung (2001-2002)
 Backrooms et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 Bi... s’abstenir ! de Catherine Deschamps (2001-2002)
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 Conseils d'amies … (2000-2001)
 La multiplication des maisons d’édition lesbiennes (2000-2001)
 L'homophobie de Coralie Bistre (2000-2001)
 Au pays des Nippones ! de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Les lesbiennes à la télévision ! de Céline, Media-G.net (2001-2002)
 Maudites Femelles de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Médias et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 PACS, mode… d'emploi (2000-2001)
 Plaidoyer pour le plaisir… de Cy Jung (2001-2002)
 Des moyens de rencontre (2000-2001)
 Les sites lesbiens et mixtes ! de Co. (2001-2002)
 Faites du sport ! (2000-2001)
 Université d’été à Marseille ! (2001-2002)
 Visibilité de Valérie Mitteaux (2001-2002)

 

Visibilité

Embrassez-vous, foutez-vous de tout*

Pendant que l’homosexualité se banalise, les lesbiennes restent bien cachées. On en surprend bien quelques-unes à se bécoter pour la Lesbian&Gay Pride. Mais le reste de l’année, elles deviennent parfaitement transparentes. C’est un don. OK tout n’est pas rose, mais la banalisation n’est plus un concept incertain pour média complaisants. Bertrand Delanoë est là, bien assis dans le plus haut fauteuil de l’Hôtel de Ville, toute la France le sait. Et si vous cherchez bien, vous verrez que dans son sillage… mais, trêve de tentation d’outing. Pourquoi le monde lesbien ne prendrait-il pas le char en marche ? Il est temps de sortir du carcan : «je suis fière mais je me cache». Las, le palmarès des arguments pro-discrétion n’évolue guère. Il y a celles qui disent vouloir préserver leur intimité, arguant que leurs histoires d’amour ne regardent personne et que le contraire serait de l’exhibitionnisme. S’embrasser en public n’est pas toujours évident. On se dit que le groupe de jeunes derrière ne va pas se gêner pour nous gratifier d’un «alors les gouines, on se lèche». C’est insultant mais rarement dangereux. Et que vaut une si médiocre apostrophe au regard de l’expression sincère de ses sentiments. Le commun des mortels n’a pas ça dans ses séries télé. L’image des lesbiennes que la pub ou les films lui diffusent est loin de la réalité. Sur l’homosexualité féminine, on manque cruellement d’imagination, on pense aux gouines enhuilées de Dior™, aux goudous chiennes de Gervais™ et autres attouchements lesbiens, préliminaires incontournables à tout porno qui se respecte. Et dans la rue, on n’en voit pas. Alors comment se familiariser avec un milieu qui se terre ? La plupart des gens ignorent ce qu’est une lesbienne. Et c’est là que le bât blesse, car la lesbienne est nombreuse m’sieurs-dames et en plus elle est variée, tantôt féminine, tantôt butch, riche, pauvre, noire, juive, jaune, athée etc… Un peu comme tout le monde finalement ! Mais une trop grande prudence l’empêche d’exister dans sa nombritude hétéroclite. Et force les novices aux clichés. Gare à l’immobilisme. Le travail de visibilité, c’est pas ma tante qui le fera pour moi ! Les mecs travaillent à ça de leur côté et ça commence à marcher. S’il y avait autant de bars lesbiens et d’homos affichés qu’en comptent les garçons, ce serait aussi un bon moyen d’établir une parité dans un milieu homo qui en a bien besoin. On sait le pouvoir d’achat des homosexuelles moindre que celui des gays, mais arrêtons le misérabilisme, ça n’est jamais qu’une excuse de plus pour ne pas se montrer. S’embrasser dans un lieu public, c’est passé du sexuel au sentimental. Et donner à un acte banal une résonance politique. Comme le dit le maire de Paris, afficher son homosexualité «ça fait avancer les libertés. Après je veux que les citoyens s’en foutent». On dirait que ça marche. Alors profitons-en. Un petit baiser dans la rue par semaine pour commencer ; un coming-out dans la sphère de votre choix par mois. Accélérer la fréquence des coming-out jusqu’à épuisement des non-avertis. L’augmentation des doses de baisers est sans contre-indications.

Valérie Mitteaux
* Comme le dit la chanson

 

 

 

 

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Visites depuis le 19 mars 2004

 

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