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En
revanche, cette peur d’avoir perdu mon fantasme préféré
a longtemps perturbé mes rêves : d’une
pratique sexuelle somme toute assez soft, mon désir
a vagabondé vers quelque chose de plus fort, presque
violent. Je ne peux pas dire que j’avais envie d’avoir
mal mais il me semblait que si j’avais eu mal, cela
aurait fait plus vrai. Était-ce là un moyen
de refouler ce plaisir que j’avais eu, de ne pas m’en
accorder plus que je n’en avais déjà
? Le poids de la culture judéo-chrétienne
dans notre rapport à la jouissance est tel que je
me demande si nous ne nous inventons effectivement pas des
peurs pour refuser ce que notre corps est en mesure de nous
donner… Je livre ceci à votre réflexion
ainsi qu’une autre inhibition du même acabit.
On raconte par exemple que pour faire l’amour, deux
femmes ont besoin d’un peu de sentiments. Ceci en
pousse beaucoup à refuser tout acte sexuel tant qu’elles
ne sont pas “sûres” de leur amour…
Le désir, c’est aussi une question de chimie,
d’instants : on peut vouloir préserver son
corps pour la femme de sa vie mais comment savoir que c’est
elle si l’on n’essaie pas ? Je vous confirme
donc qu’il peut y avoir relation sexuelle sans sentiments…
et sentiments sans relations sexuelles ! La panne. Un vrai
problème ! Comment faire pour relancer le désir
quand celui-ci se dissout dans le quotidien ? Ne rêvez
pas, je n’ai pas la réponse à cette
question. Certaines redoublent d’imagination sur leur
manière de faire l’amour et les endroits où
le faire. D’autres invitent des copines à leurs
jeux. Des troisièmes se quittent pour recommencer
ailleurs. Des quatrièmes ne font rien. Une dernière
fois, je veux dire que la solution choisie appartient à
chacune. Quiconque se permettrait un jugement de valeur
sur cela et sur le reste ne ferait preuve que de son mépris
pour la personne concernée. Je vous invite donc à
revendiquer votre plaisir, à le vivre entre adultes
consentantes, à l’enrichir de votre curiosité,
à ne jamais le croire défunt. La honte est
passagère. L’épanouissement sexuel est
une vraie source d’équilibre.
Cy Jung
Notes :
1 On distingue en général le plaisir clitoridien
- obtenu par stimulation du clitoris - du plaisir vaginal
- obtenu par la pénétration. Les deux ne sont
pas exclusifs l’un de l’autre autant que le
plaisir ne s’y limite pas : la stimulation ou la pénétration
anale, la stimulation des seins peuvent également
procurer une grande jouissance. La manière d’obtenir
son plaisir dépend de chaque femme et peut évoluer
au cours de la vie.
2 La masturbation, contrairement à l’image
d’Épinal, ne rend pas sourde. Elle permet au
contraire de mieux connaître son corps, d’apprendre
à apprivoiser son plaisir.
3 Les godemichés sont des objets oblongs destinés
à la pénétration vaginale ou anale.
Leur forme, leur taille, leur matière sont variables
afin de s’adapter à chacune. Certains sont
ajustables sur des harnais permettant de les porter à
la ceinture ou de les rendre solidaires d’une cuisse
ou d’un avant-bras. D’autres sont dits «doubles»,
c’est-à-dire qu’ils permettent à
deux femmes une pénétration simultanée.
Choisir le bon modèle n’est pas évident
: seul l’usage permet à chacune de savoir quel
modèle est le plus adapté à ses désirs
et à sa morphologie. Mon conseil : la jelly, matériau
souple et ferme en même temps est la plus agréable.
4 Les plugs sont des objets oblongs, sorte de losanges aplatis
terminés par une base. Ils sont destinés à
la pénétration anale, non pour faire des va-et-vient,
mais pour être maintenu en place, leur volume procurant
à certaines un grand plaisir. Il est conseillé
de commencer par des modèles de petit diamètre,
des les introduire après de tendres préliminaires
et des les ôter avec précaution.
5 Les vibros sont tous les jouets sexuels comportant un
moteur alimenté par les piles et produisant des vibrations.
Le faible voltage (6 ou 12 V) rend toute électrocution
impossible. Il en existe de toutes les formes. Ils sont
destinés à la stimulation clitoridienne mais
peuvent également apporter un plus à la pénétration
vaginale ou anale.
6 Il existe deux sortes de boules : les boules de geisha
(deux boules reliées par une ficelle) destinées
à la pénétration vaginale et les chapelets
(plusieurs boules plus petites reliées par une ficelle)
destinées à la pénétration anale.
Leur taille est variable et certaines sont vibrantes.
7 Attention à l’usage de «godes improvisés»
comme les légumes ou tout objet cassant ou présentant
des aspérités susceptibles de blesser : ils
mènent plus volontiers chez le médecin qu’au
Nirvana !
8 La sodomie requiert, outre une bonne lubrification avec
du gel, une préparation minutieuse, caresses, pénétration
progressive par un doigt ganté pour éviter
toute griffure interne, arrêt immédiat en cas
de douleur…
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