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 Université d’été à Marseille ! (2001-2002)
 Visibilité de Valérie Mitteaux (2001-2002)

 

Plaidoyer pour le plaisir…

Tout simplement tenter de parler de notre plaisir

Il serait de mauvais ton de les en blâmer : nous avons toutes nos répulsions autant que nos pratiques de prédilection. Ainsi, le plaisir que procure la stimulation clitoridienne est variable, comme d’ailleurs la quantité de cyprine qu’elle produit. On a tort de croire qu’une femme peu mouillée est une femme peu excitée. C’est comme en matière de cris et de gémissements : à chacune sa manière de ressentir et d’exprimer son plaisir et plutôt que de se penser un “mauvais coup” face à l’apparente indifférence de sa partenaire, mieux vaut évoquer le sujet avec elle; soit son plaisir est effectivement modeste et autant chercher une solution à deux; soit elle n’est tout simplement pas très expressive. Quoi qu’il en soit, quand le plaisir n’est pas à la hauteur de nos attentes, la culpabilité silencieuse n’est pas de mise : c’est à deux qu’il se vit et en parler demeure le seul moyen de faire avancer les choses. Des stimuli par milliers Bien que le clitoris joue un rôle important, il n’est pas le seul espace de la jouissance. Loin s’en faut. Le corps en entier est une zone érogène. J’ai été étonnée de constater le nombre de femmes surprises de voir combien une caresse sur les fesses, une langue dans l’oreille, des papouilles sur la nuque et tant d’autres choses encore pouvaient leur procurer un réel plaisir. Et oui ! à force de se concentrer sur nos parties génitales, on en oublie souvent le plus simple, voire le plus sensuel… Les seins, par exemple, sont pour certaines une zone des plus sensible. Elles aiment qu’on les leur caresse, mais aussi qu’on en pince le mamelon de manière plus ou moins appuyée selon les cas. Il existe d’ailleurs des pinces réglables qui permettent de maintenir une pression variable et continue pendant que nos mains s’activent ailleurs… D’autres sont adaptées aux petites lèvres : souvent reliées à des chaînettes, elles permettent de les étirer et stimuler les tissus sensibles.
Ne grimacez pas ! Des femmes en sont très friandes. Ces jouets sexuels, vus de loin, ont invariablement un côté barbare voire salace : godemiché3, plugs4, vibros5, boules6, j’en passe et des plus bizarroïdes. Leur usage est très décrié par certaines —peut-être à cause de la trop grande ressemblance des godes avec le pénis… dans le feu de l’action, croyez bien qu’on l’oublie vite !— et j’ignore si beaucoup de lesbiennes en usent. Spontanément, je dirais qu’elles sont plus nombreuses qu’on le croit. Pour ma part, il m’a fallu quelques années pour y venir, poussée par une amante audacieuse et des copines ravies de me provoquer en m’offrant en public mon premier gode le jour de mes 32ans. L’utilisation de ces jouets ne requiert aucune technique particulière mais rend obligatoires quelques précautions : il est important de les laver soigneusement, de les recouvrir d’un préservatif neuf à chaque utilisation et d’utiliser le jouet adapté au jeu que l’on souhaite pratiquer7. En matière de sodomie8, par exemple, mieux vaut utiliser un gode doté d’une base —ou de jouets munis d’une ficelle de récupération— le rectum ne les expulsant pas forcément sans une aide extérieure. En outre, tout ce qui est pointu, tranchant ou cassant (comme les légumes) est à prohiber : on est là pour se faire du bien, pas pour se retrouver aux urgences. Mais n’oublions pas que les godes ne sont pas les seuls jouets disponibles. Les vibros, par exemple, oblongs ou en forme d’œuf, procurent des sensations tout à fait uniques. Tout le monde n’y est pas sensible mais qu’est-ce que cela coûte d’essayer ? Un conseil : ne lésinez pas sur le gel; c’est un peu froid au début, mais le latex y gagne un toucher impérissable. Puisque je suis dans la rubrique des stimuli érotiques, je reviens un instant sur les fantasmes, ces petits scénarii qui alimentent notre imaginaire et dopent nos envies. Quand j’ai commencé à fréquenter des femmes, j’ai eu un gros cas de conscience à gérer : en dépit de mes efforts, je n’arrivais pas à me débarrasser des aspects hétérosexuels de mes fantasmes; tout allait bien jusqu’au moment où invariablement un homme apparaissait pour me pénétrer.

 

 

 

 

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