Il
serait de mauvais ton de les en blâmer : nous avons
toutes nos répulsions autant que nos pratiques de
prédilection. Ainsi, le plaisir que procure la stimulation
clitoridienne est variable, comme d’ailleurs la quantité
de cyprine qu’elle produit. On a tort de croire qu’une
femme peu mouillée est une femme peu excitée.
C’est comme en matière de cris et de gémissements :
à chacune sa manière de ressentir et d’exprimer
son plaisir et plutôt que de se penser un “mauvais
coup” face à l’apparente indifférence
de sa partenaire, mieux vaut évoquer le sujet avec
elle; soit son plaisir est effectivement modeste et autant
chercher une solution à deux; soit elle n’est
tout simplement pas très expressive. Quoi qu’il
en soit, quand le plaisir n’est pas à la hauteur
de nos attentes, la culpabilité silencieuse n’est
pas de mise : c’est à deux qu’il se vit
et en parler demeure le seul moyen de faire avancer les
choses. Des stimuli par milliers Bien que le clitoris joue
un rôle important, il n’est pas le seul espace
de la jouissance. Loin s’en faut. Le corps en entier
est une zone érogène. J’ai été
étonnée de constater le nombre de femmes surprises
de voir combien une caresse sur les fesses, une langue dans
l’oreille, des papouilles sur la nuque et tant d’autres
choses encore pouvaient leur procurer un réel plaisir.
Et oui ! à force de se concentrer sur nos parties
génitales, on en oublie souvent le plus simple, voire
le plus sensuel… Les seins, par exemple, sont pour
certaines une zone des plus sensible. Elles aiment qu’on
les leur caresse, mais aussi qu’on en pince le mamelon
de manière plus ou moins appuyée selon les
cas. Il existe d’ailleurs des pinces réglables
qui permettent de maintenir une pression variable et continue
pendant que nos mains s’activent ailleurs… D’autres
sont adaptées aux petites lèvres : souvent
reliées à des chaînettes, elles permettent
de les étirer et stimuler les tissus sensibles.
Ne grimacez pas ! Des femmes en sont très friandes.
Ces jouets sexuels, vus de loin, ont invariablement un côté
barbare voire salace : godemiché3, plugs4, vibros5,
boules6, j’en passe et des plus bizarroïdes.
Leur usage est très décrié par certaines
—peut-être à cause de la trop grande
ressemblance des godes avec le pénis… dans
le feu de l’action, croyez bien qu’on l’oublie
vite !— et j’ignore si beaucoup de lesbiennes
en usent. Spontanément, je dirais qu’elles
sont plus nombreuses qu’on le croit. Pour ma part,
il m’a fallu quelques années pour y venir,
poussée par une amante audacieuse et des copines
ravies de me provoquer en m’offrant en public mon
premier gode le jour de mes 32ans. L’utilisation de
ces jouets ne requiert aucune technique particulière
mais rend obligatoires quelques précautions : il est
important de les laver soigneusement, de les recouvrir d’un
préservatif neuf à chaque utilisation et d’utiliser
le jouet adapté au jeu que l’on souhaite pratiquer7.
En matière de sodomie8, par exemple, mieux vaut utiliser
un gode doté d’une base —ou de jouets
munis d’une ficelle de récupération—
le rectum ne les expulsant pas forcément sans une
aide extérieure. En outre, tout ce qui est pointu,
tranchant ou cassant (comme les légumes) est à
prohiber : on est là pour se faire du bien, pas pour
se retrouver aux urgences. Mais n’oublions pas que
les godes ne sont pas les seuls jouets disponibles. Les
vibros, par exemple, oblongs ou en forme d’œuf,
procurent des sensations tout à fait uniques. Tout
le monde n’y est pas sensible mais qu’est-ce
que cela coûte d’essayer ? Un conseil : ne lésinez
pas sur le gel; c’est un peu froid au début,
mais le latex y gagne un toucher impérissable. Puisque
je suis dans la rubrique des stimuli érotiques, je
reviens un instant sur les fantasmes, ces petits scénarii
qui alimentent notre imaginaire et dopent nos envies. Quand
j’ai commencé à fréquenter des
femmes, j’ai eu un gros cas de conscience à
gérer : en dépit de mes efforts, je n’arrivais
pas à me débarrasser des aspects hétérosexuels
de mes fantasmes; tout allait bien jusqu’au moment
où invariablement un homme apparaissait pour me pénétrer.
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