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Maudites Femelles

Divine après-midi chez les maudites femelles…

Catherine a déjà entendu parler de cette drôle de balançoire faite d’une pièce en cuir suspendue au plafond par de grosses chaînes en métal. L’idée d’y voir quelqu’un s’y allonger la laisse perplexe… Quant à l’utiliser elle-même, on n’en est pas là ! Dans le fond de la salle, se dressent des cloisons grillagées, mini labyrinthe qui mène aux toilettes tout en offrant des coins tranquilles à ceux qui souhaitent se dérober à la vue des consommateurs installés au comptoir. Dans un renfoncement, la présence de deux marches de bois scellées au mur rassure Catherine “Ah ! il y a enfin de quoi s’asseoir.” Ma démonstration de l’intérêt de ce promontoire pour poser ses coudes et offrir ainsi ses parties charnues à des caresses toniques la fait rougir. Je sens qu’elle a besoin d’un peu d’eau fraîche. Nous retournons vers le bar. Il commence à faire chaud. Devant son Perrier, Catherine enlève timidement son pull. À chaque coup de sonnette, Joe ou Marina se précipitent. Les filles entrent sans difficultés. Quant aux garçons, ils sont jaugés sur leur tenue, leurs motivations et le jugement est sans appel. L’entrée de ces après-midi est gratuite, elle n’est pas pour autant libre. Souvent des gays arrivent en croyant débarquer à la partie uro ou naturiste qu’ils ont l’habitude de fréquenter et, malgré la possibilité qu’ils ont de rentrer, peu d’entre eux tentent l’aventure de la mixité. Les Maudites Femelles est une association de femmes, même si les activités sont mixtes. Catherine s’en inquiète. Joe lui explique, “Le problème, c’est qu’à chaque fois que des soirées réservées aux filles ont été organisées, il y en dix qui sont venues et sans vraiment se lâcher. Les lesbiennes sont demandeuses, mais elles ont du mal à franchir le pas et, financièrement, c’est difficile de trouver des lieux dans ces conditions. C’est un cercle vicieux. On ne désespère pourtant pas de refaire des soirées filles. Quels sont donc les hommes qui viennent aux Maudites ? Raoul est hétérosexuel et “C’est un très bon fesseur” dixit Sylvie que Jérôme approuve aussitôt. Il trouve que “l’ambiance est bonne. À mon sens, ce n’est pas du SM, ce sont des moments de plaisir. Il m’arrive de ne pas participer activement sans que cela soit frustrant étant donné que je rencontre de toutes façons des gens que j’apprécie”. Que pense-t-il des filles qui hésitent à venir parce qu’il y a des hommes ? “Je comprends tout à fait leurs réticences. Ce n’est si pas difficile de s’entendre. Si deux filles veulent être seules, les éventuels mateurs n’ont pas intérêt à insister, sinon c’est la porte, définitivement”. De son côté, Catherine s’est laissé entraîner par une fille dans un coin sombre pour un corps à corps assez chaud. Cela n’a rien de hard, mais l’excite beaucoup. Quand elle me rejoint, elle a besoin de parler : “Je ne suis pas encore complètement à l’aise, cela viendra petit à petit…La présence de certains mecs, comme Raoul n’est pas du tout un problème, son regard n’est pas voyeur, il ne cherche pas à mater. En un sens, on fait partie du même univers”. Paradoxalement, elle se sent moins proche de certaines femmes. “J’ai peu de choses en commun avec elles; notre manière d’exprimer notre féminité est radicalement différente.” La différence de styles est une démonstration éclatante de la diversité des genres, ce n’est pas évident au premier abord mais permet des rencontres de mondes qui ne se côtoient habituellement pas. La richesse de ces après-midi tient dans le mélange des genres et des sexualités. Des gens très différents s’y retrouvent, dynamitant les catégories habituelles telles qu’hétérosexuel, lesbienne, gay, actif, passif, etc. Peu importe l’orientation sexuelle de chacune. Des adhérentes sont exclusivement attirées par les filles ; d’autres viennent accompagnées de leur mari. Florence, 30 ans, se définit comme lesbienne bien qu’elle ait déjà eu ici des relations SM avec des hommes.

 

 

 

 

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