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 Université d’été à Marseille ! (2001-2002)
 Visibilité de Valérie Mitteaux (2001-2002)

 

Les lesbiennes à la télévision !

Comment les montre t on ?

Que dire sur l ’image et la place des lesbiennes à la télévision ?
Que dire quand leur présence est si peu fréquente ? En l’an 2000, pour dix programmes annoncés par les chaînes hertziennes comme comportant une thématique homo, à peine un ou deux incluait des filles. C’est trop peu ! A l’heure où Media-G.net, observatoire du traitement de l’homosexualité dans les média, constate que “cette année 2000 est sans doute celle où la visibilité des gays et des lesbiennes a le plus progressé dans les média”1, les filles sont le parent pauvre de cette visibilité, en quantité déjà, en qualité malheureusement.
Cette carence n’est en effet pas la seule chose que l’on remarque. La qualité des programmes est aussi àmettre en doute : de nombreuses émissions traitant peu ou prou d’homosexualité masculine ont été diffusées et beaucoup étaient d’une très bonne tenue. Media-G.net a créé un mode d’évaluation sur la base de deux questions posées aux internautes :
1/ Quelle est votre appréciation de ce programme ?
2/ Quelle est votre appréciation de l’image de l’homo- sexualité donnée par ce programme ?
ceux-ci devant répondre à ces questions en notant ce qu’ils ont vu sur une échelle de 1 à 10. Ce mode d’évaluation est certes subjectif mais le nombre de participants à ces “sondages” autant que celui des émissions concernées (551) permet de dégager des tendances et de mettre en avant le meilleur comme le pire de la télé. Les notes moyennes obtenues en 2000 par les six chaînes hertziennes sont respectivement de 7/10 (appréciation générale) et 6,3/10 (image de l’homosexualité). Ce n’est pas si mal… mais il est clair que ce sont les programmes concernant les garçons qui tirent ces notes vers le haut, à croire que c’est trop compliqué dès qu’il s’agit des filles… Talk-shows : le règne du pire. La plupart des reportages ou des talk-shows dont les lesbiennes étaient le sujet ou une partie du sujet, étaient dans l’ensemble de mauvaise qualité, certains allant jusqu’à véhiculer beaucoup d’homophobie… On peut douter, par exemple, entendre un jour une lesbienne dire “J’ai vu l’émission de Dechavanne, Gazon mardi2 ! C’était génial !” Ce talk-show était à la limite du supportable. Les téléspectateurs ont en effet assisté à une mascarade qui semble avoir particulièrement discrédité la communauté lesbienne. Tout au long de l’émission, l’animateur Arthur –qui en était l’invité principal– nous a fait profiter de ses plaisanteries sur les “camionneuses moches”, toutes aussi navrantes les unes que les autres. N’en citons qu’une, bien dans le ton : “Quand deux filles se marient, laquelle des deux porte la robe de mariée ?” Au-delA de la présence d’Arthur, le choix des invités par l’équipe de Dechavanne atteste plus d’une quête du sensationnel que d’une volonté de parler sereinement d’homosexualité. Ainsi, un étudiant anti-Pacs et adhérant à l’UNI3, sans doute présent pour pimenter la tentative de débat, se fait remettre en place par Christophe Dechavanne pour une plaisanterie douteuse sur une lesbienne. Réponse de l’invité : “Mais c’est un peu l’émission où l’on peut chercher, c’est ce que l’on m’a dit dans le briefing (...) c’est comme ça que ça se passe !”… Malheureusement, ce “Gazon mardi” n’était pas le seul du genre, même s’il bat tous les records. On peut citer une autre émission contestable dans son principe : le “C’est mon choix”4 sur le thème “Je ne veux pas révéler mon homosexualité”. Parmi les invités de ce talk-show, une institutrice grossièrement perruquée et lunettée expliquait ne pas vouloir qu’il puisse s’établir un amalgame entre son homosexualité et les enfants. Mais de quel amalgame parlait-elle, de celui couramment fait entre homosexualité et pédophilie ? S’il est vrai que celui-ci est si usuel que l’on puisse comprendre que cette institutrice soit sur ses gardes, on peut néanmoins regretter que France 3 en ait fait état dans une émission n’affichant pas plus clairement une volonté d’en dénoncer l’homophobie.

 

 

 

 

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