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 Bref exposé anatomique* ! de Cy Jung (2001-2002)
 Backrooms et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 Bi... s’abstenir ! de Catherine Deschamps (2001-2002)
 Vacances à la campagne (2000-2001)
 Conseils d'amies … (2000-2001)
 La multiplication des maisons d’édition lesbiennes (2000-2001)
 L'homophobie de Coralie Bistre (2000-2001)
 Au pays des Nippones ! de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Les lesbiennes à la télévision ! de Céline, Media-G.net (2001-2002)
 Maudites Femelles de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Médias et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 PACS, mode… d'emploi (2000-2001)
 Plaidoyer pour le plaisir… de Cy Jung (2001-2002)
 Des moyens de rencontre (2000-2001)
 Les sites lesbiens et mixtes ! de Co. (2001-2002)
 Faites du sport ! (2000-2001)
 Université d’été à Marseille ! (2001-2002)
 Visibilité de Valérie Mitteaux (2001-2002)

 

Au pays des Nippones !

Discrétion ou oppression ?

En écho à leur position sociale, l’indépendance financière des femmes est une gageure. Si beaucoup de jeunes Japonaises travaillent, leur salaire est bien inférieur à celui des hommes et elles n’occupent que rarement des postes à responsabilité. Vivre seule est une sorte d’incongruité et, de fait, la plupart des Tokyoïtes vivent dans leur famille jusqu’à leur installation avec une fille, enfin, bien sûr, une colocataire… La vie commune est assez courante, mais n’améliore pas fondamentalement leur situation financière et l’addition d’une virée nocturne est prohibitive dans une ville où le coût de la vie est exorbitant. Certaines filles semblent sortir de nulle part lorsque à chaque soirée un peu spéciale on croise deux à trois fois plus de lesbiennes que d’habitude. Paradoxalement, beaucoup de lesbiennes du sud du pays s’installent à Tokyo pour pouvoir bénéficier de l’anonymat de la grande ville et perdent du coup une certaine liberté dont elles jouissaient en milieu rural où les femmes travaillent plus que les hommes et ont ainsi une plus grande indépendance financière. On est bien loin du mariage homo ou du Pacs dont l’existence en étonne plus d’une à Tokyo. Loin de susciter des envies, ce modèle juridique laisse perplexes les lesbiennes qui sont plutôt réservées sur la nécessité d’une reconnaissance légale de leurs amours. Le combat pour les droits n’est pas une priorité car l’essentiel est de préserver l’espace privé. Chacune espère que la société va évoluer pour leur permettre d’être plus à l’aise sans pour autant croire que cela puisse venir d’une volonté politique. C’est dans la perte de valeur du mariage lui-même qu’elles placent leurs espoirs. L’importance des apparences, mais aussi la défiance à l’égard des hommes politiques n’expliquent pas à elles seules ces réticences vis-à-vis des combats pour les droits qui animent les communautés homosexuelles des pays occidentaux. L’absence de culture associative est une autre raison. Gakuto Takamura, sociologue du droit à l’université de Tokyo, nous explique qu’il n’y a pas au Japon de structure juridique équivalente à notre loi de 1901. Si une association se crée, le bureau doit être composé d’au minimum quinze personnes. Ses membres fondateurs ne sont pas spécialement protégés par la loi en cas de pépins financiers ou poursuites judiciaires, et aucun avantage fiscal n’encourage les associations. Du coup, il n’y a ni centres communautaires, ni associations d’accueil, seuls des cercles informels existent. Certains se lancent néanmoins ponctuellement dans des combats d’envergure : il y a huit ans, par exemple, à l’université de Waseda, université privée de Tokyo, le Cercle des étudiants homosexuels avait engagé une procédure contre le maire à la suite du refus de celui-ci de leur louer une salle de réunion sous des motifs fallacieux. La médiatisation du procès et surtout la condamnation du maire pour discrimination avait permis de faire parler des quelques militants homos, mais le soufflé est rapidement retombé et les média sont revenus à leur quasi-mutisme sur l’homosexualité. Cette absence de structure juridique explique aussi pourquoi la Tokyo parade a lieu irrégulièrement. Elle ne doit son existence qu’à la volonté des organisateurs et à leur capacité à s’entendre. La Tokyo Lesbian & Gay Parade 2000 —A Celebration of Sexual Minority Pride ou TLGK2K3— a eu lieu le dimanche 27 août. Elle a été présentée comme “Une chance pour changer positivement l’image des minorités sexuelles au Japon”, et comprenait une marche plus des stands. La marche elle-même a duré un peu plus de deux heures, démarrant et revenant au parc Yoyogi, où se retrouvent tous les dimanches de nombreux groupes d’adolescents rivalisant d’excentricités vestimentaires. Un peu plus de 4 000 personnes, principalement des gays, ont participé à cette journée. Il est notable que le programme de présentation comportait la mention suivante : “Pour que TOUT LE MONDE puisse participer en toute sécurité et l’esprit tranquille nous désignerons certaines parties du parc et la parade comme secteurs NO CAMERA”4. La discrétion encore et toujours… La diffusion d’un reportage d’une dizaine de minutes sur la Parade à la télévision a été saluée comme une reconnaissance médiatique rare. Si l’homosexualité masculine est d’une certaine manière présente sur les chaînes de télévision par les multiples caricatures des “folles” dont les comiques japonais usent et abusent, les lesbiennes sont invisibles dans les media. D’une manière générale, une présentation de la réalité de la vie des homos n’est pas à l’ordre du jour. Le manque de références culturelles dans lesquelles les lesbiennes pourraient se retrouver est un problème crucial. Peu de livres et à part un film —un documentaire plus qu’autre chose, fait il y a quelques années par un homme, et dont le titre et l’objectif sont tombés dans l’oubli—, c’est le désert. Aujourd’hui avec Internet, elles trouvent des informations et des moyens de contact. Des sites présentent les différents lieux lesbiens de la capitale et proposent des services de chat et de petites annonces (5). Masami constate que beaucoup de filles viennent au Madonna après avoir trouvé l’adresse sur Internet (6).

 

 

 

 

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