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 Bref exposé anatomique* ! de Cy Jung (2001-2002)
 Backrooms et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 Bi... s’abstenir ! de Catherine Deschamps (2001-2002)
 Vacances à la campagne (2000-2001)
 Conseils d'amies … (2000-2001)
 La multiplication des maisons d’édition lesbiennes (2000-2001)
 L'homophobie de Coralie Bistre (2000-2001)
 Au pays des Nippones ! de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Les lesbiennes à la télévision ! de Céline, Media-G.net (2001-2002)
 Maudites Femelles de Isabelle Thézé (2001-2002)
 Médias et lesbiennes de Cy Jung (2000-2001)
 PACS, mode… d'emploi (2000-2001)
 Plaidoyer pour le plaisir… de Cy Jung (2001-2002)
 Des moyens de rencontre (2000-2001)
 Les sites lesbiens et mixtes ! de Co. (2001-2002)
 Faites du sport ! (2000-2001)
 Université d’été à Marseille ! (2001-2002)
 Visibilité de Valérie Mitteaux (2001-2002)

Bi... s’abstenir !

Les lesbiennes sont-elles si rigoristes ?

Il s’agit d’histoires conflictuelles. Sont-ce des histoires d’ailleurs ? D’un côté, les lesbiennes ont depuis quelques décennies fondé des structures visibles, seules, avec des pédés ou dans une démarche féministe. D’un autre côté, les bisexuelles, celles qui militent pour le droit à leur identité, quel que soit le contenu de cette identité (mais rien de spécifique ici), bénéficient de peu de relais associatifs, et donc d’une visibilité infime. En France, la seule association bisexuelle patentée est Bi’cause. Elle propose des rencontres thématiques régulières au Centre Gai et Lesbien de Paris. Bi’cause n’existe que depuis décembre 1995; elle ne suffit ni à impulser une réflexion de fond autour de la bisexualité dans le réseau élargi des minorités sexuelles politisées, ni à rompre avec certains clichés dont font l’objet les femmes et les hommes bisexuels. Ainsi, les bisexuels des deux sexes seraient des traîtres et des infidèles : traîtres car volontairement invisibles et donc bénéficiant des avantages sociaux impartis à l’hétérosexualité ; infidèles car multipartenaires et sans histoire collective reconnue, infidèles à l’histoire politique donc, et au passé que suggère cette histoire militante. Et Bi’cause ne peut rompre le maléfice parce qu’une seule association ne permet pas de créer le sentiment d’un mouvement populaire de masse, parce qu’elle n’a que six ans d’âge, et parce que l’expérience politique relevant aussi d’un apprentissage et d’une pédagogie, elle n’a pas encore acquis toutes les ficelles du métier. Mais continuer de reprocher aux quelques activistes bisexuels femmes et hommes de se compromettre dans la normalité pose problème. C’est comme si une force d’inertie incitait certaines et certains à se garder sous le coude des boucs émissaires tout trouvés pour éviter de poser d’autres questions; des questions qui fâchent celles-la, et auxquelles aucune réponse toute faite ne peut coller. Par exemple, que signifie ce jugement moral autour du multipartenariat ? Pourquoi les lesbiennes en particulier reprochent aux bisexuelles d’être infidèles ? Outre que les bisexuelles ne le sont ni plus ni moins que les autres finalement, quel est ce modèle où les femmes devraient être les gardiennes des bonnes mœurs, de celles attendues dans un cadre on ne peut plus hétéronormatif ? Il ne s’agit pas de défendre le multipartenariat, ni l’exclusivité sexuelle et affective : à chacune de se positionner. Mais, dans l’énonciation des clichés, se joue autre chose que de la vérité, du besoin de délimiter, d’exclure ou d’inclure. Les questions que renvoie la bisexualité —de même que certaines formulées par les lesbiennes— dépassent le strict cadre de la bisexualité, du lesbianisme ou du féminisme : elles sont transversales et n’ont d’intérêt que si on ne les restreint pas aux frontières d’une identité sexuelle précise. Or, en foutant la merde, en s’attirant l’opprobre tant des femmes et des hommes hétérosexuels que des homosexuel(le)s, la bisexualité, plutôt que d’être vue comme une ennemie à combattre, devrait être instrumentée pour poser autrement de vieilles questions jamais résolues : la bisexualité peut alors devenir un outil de déconstruction des normes communes à l’ensemble des orientations sexuelles, bisexualité comprise évidemment, une arme pour repérer ces injonctions normatives dont on croit s’être détaché

 

 

 

 

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