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L'espace
"infos"
Bref exposé
anatomique* !
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La longueur moyenne
du clitoris varie de 5 mm à 2,5 cm
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Que
serait un guide lesbien si l’on n’accordait pas ne serait-ce
qu’un soupçon de place à la question de nos pratiques sexuelles ?
Cela resterait un guide, très certainement lesbien du fait
même des adresses qui y sont livrées. Mais, il manquerait
un petit quelque chose, non pas que nos amours se résument
à une question charnelle, mais tout simplement parce qu’elles
sont aussi une affaire de sexe. Il n’est pas question pour
autant de faire un guide dans le guide qui dirait comment
s’y prendre : ces choses-là sont du domaine privé et aucune
“ recette ” ne vaut ce subtil mélange de désir, de tendresse
et de passion qui fait de nos ébats des moments impérissables !(1)
Plus intéressant est d’essayer de dresser un rapide portrait
des évolutions en cours au sein de notre communauté. Ces dernières
années ont été marquées par des initiatives visant à “ réhabiliter
” le sexe. Il y a toujours eu des femmes qui ont revendiqué
leur sexualité, mais aujourd’hui, elles sont de plus en plus
nombreuses à vouloir exprimer au grand jour leurs désirs considérant
que le temps où toute affirmation de sa sexualité était synonyme
d’érotomanie pathologique était révolu. Après le Guide Lesbien
qui parlait ouvertement de jouets sexuels et de sex-shops
dès 1995, après le festival de film Cineffable qui propose,
entre autres, films érotiques, débats sur la sexualité et
stand d’objet sexuels, après l’ouverture éphémère d’un sex-shop
féminin lors de l’Europride de 1997, en même temps que la
prolifération des romans lesbiens où les scènes de sexe ne
sont pas édulcorées, la plus marquante de ces initiatives
a été l’ouverture à Paris de backrooms pour filles. De quoi
s’agit-il ? Pour reprendre l’expression chère aux initiatrices
de cette petite révolution des mœurs, ce sont des “ salons
privés ”, c’est-à-dire des salles attenantes à un bar ou une
boîte aménagées pour que puisse s’y vivre le plaisir sexuel.
En avril 1998, le premier de ces salons a ouvert ses alcôves
dans un bar qui d’ordinaire accueillait des soirées SM. On
aurait tort d’en conclure que le choix de ce bar correspond
à une adéquation entre pratiques sadomasochistes et fréquentation
des backrooms.
Les deux choses ne sont pas liées et c’est faute d’avoir trouvé
un lieu lesbien existant susceptible d’accueillir ce salon
que ce bar fut choisi. Aux dires des organisatrices de ces
soirées, les backrooms ont leur public : célibataires cherchant
une aventure d’un soir, couples ne pouvant se rencontrer ailleurs,
jeunes lesbiennes en recherche d’expérience, lesbiennes plus
mûres en quête de rajeunissement, couples installés en manque
d’imaginaire… Toutes les raisons sont bonnes et personne n’a
droit de juger des mobiles de celles qui les ont fréquentées.
La seule réserve que l’on puisse émettre vis-à-vis des lieux
dont la seule activité est d’offrir une backroom, c’est de
constater qu’il est bien difficile de «programmer» une envie
de faire l’amour. Par contre, qui de nous ne s’est jamais
retrouvée au plus fort d’une nuit de fête en face d’une vestale
que l’on aurait aimé pouvoir enlacer au-delà du raisonnable
sans quitter l’enceinte de cette boîte, de ce bar, de cette
soirée qui nous l’avait fait rencontrer ?
Certaines se rabattent sur n’importe quel coin sombre ou clos
offrant un minimum d’intimité à leurs chaudes caresses. La
plupart de nous s’y refusent mais ne rêvons-nous pas que les
lieux où nous nous retrouvons disposent de quelques tentures
susceptibles d’abriter nos effusions passagères ? Cette ouverture
à Paris de salons privés a donc mis en lumière une envie réelle
de nombreuses lesbiennes de pouvoir vivre leur sexualité au
grand jour. À l’automne 99, les Ladies Room qui ont élu domicile
au Dépôt sont les seules à offrir de tels espaces sous la
forme de trois petites cabines privées au milieu d’un espace
mixte. C’est mieux que rien, diront les hésitantes ; c’est
mieux que tout répondront les plus assidues; c’est du moins
que rien railleront les contemptrices ! À chacune son point
de vue… et ses pratiques sexuelles ! L’essentiel n’est pas
de porter un jugement de valeur sur les backrooms mais de
constater que là où elles ont existé, certaines les ont fréquentées,
beaucoup ont eu envie d’y aller sans oser le faire quand quelques-unes
ont préféré défendre l’idée que la sexualité lesbienne s’accorde
mal de toute sortie hors le lit du lien amoureux. Les femmes
ont trop souffert des stéréotypes misogynes sur leur sexualité,
stéréotypes qui durant des siècles n’ont eu d’autre fonction
que de les soumettre au bon plaisir des hommes, pour qu’il
soit aujourd’hui légitime que des lesbiennes elles-mêmes décident
de ce qui est sexuellement correct ou non. En 1998, celles-là
ont jeté des boules puantes contre le stand de jouets sexuels
présent à Cineffable ! Gageons que la multiplication des initiatives
permettant aux femmes de vivre pleinement leur sexualité,
et quelle que soit cette sexualité, permette enfin que ce
tabou n’en soit plus un dans la société tout entière certes,
mais au sein de la communauté lesbienne avant tout.
Cy Jung (juin 2000)
(Notes) 1 Pour celles qui se posent néanmoins quelques questions
techniques, je ne saurais trop leur recommander de visionner
la cassette «Lesbian Guide», vidéo qui à travers la description
des pratiques du safe sex dresse un bel état des lieux de
nos pratiques sexuelles. |
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